14 septembre 2019: Répétition en costumes…

Les bénévoles (photo Florent Dolidon)

A. Photos de groupe…

Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Corinne Wisnicki)
Les bénévoles (photo Corinne Wisnicki)
Les bénévoles (photo Patrick Clot)
Les bénévoles (photo Isabelle Périn)
Les bénévoles (photo Isabelle Périn)
Les bénévoles (photo Isabelle Périn)

B. Portraits…

Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Patrick Clot)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)
Les bénévoles (photo Florent Dolidon)

Les coulisses…

Les bénévoles (photo Isabelle Périn)
Les bénévoles (photo Corinne Wisnicki)
Les bénévoles (photo Patrick Clot)
Les bénévoles (photo Corinne Wisnicki)
Les bénévoles (photo Patrick Clot)
Florent Dolidon vu par Patrick Clot…

Photos de Jean-Claude SYLLA (cliquer sur la miniature pour agrandir la photo)

Rendez-vous Dimanche 22 septembre pour l’ouverture des Fêtes Anne de Beaujeu de Chantelle… et d’autres photos!

Reconstitution d’une coiffe noble (1490-1520)

La coiffe à la mode dans les années 1490-1520 est la « coiffe bretonne » mise à la mode par Anne de Bretagne à partir de son mariage avec Charles VIII en 1491.

A. Quelques exemples…

1503-1508 Grandes Heures d’Anne de Bretagne par Jean Bourdichon
vers 1500 Marguerite d’Autriche (portrait).jpg
1503 vers, Anne de Beaujeu et Saint-Jean Evagéliste (Jean Hey)
1500 Filage, (Ovide, BnF ms fs 874 fol. 132v)

B. Détails…

1500-1500 Marie-Madeleine, Pieta de Colijn de Coter (Flemish, 1493–1506, hsb, Madison, Winconsin)
1503-1508 Grandes Heures d’Anne de Bretagne par Jean Bourdichon (détail du portrait d’Anne de Bretagne)
1519 Cornelisz van Oostsanen, Jacob, Marie-Madeleine (hsb, 49 x40cm, art museum, Saint-Louis) détail

C. Interprétation

Les conditions du mariage d’Anne de Bretagne avec Charles VIII en 1491 après l’union ratée avec Maximilien d’Autriche lui donne peu de prise sur le plan politique. Elle apporte la Bretagne en dot mais la plupart des forteresses sont occupées par des garnisons françaises. Et les juristes ont verrouillé son contrat de mariage afin que la Bretagne n’échappe pas au royaume de France.

Quant à Anne de Beaujeu, elle surveille très attentivement une belle-soeur au tempérament indépendant et conserve la haute main sur le domaine politique.

Il reste à Anne de Bretagne le domaine de la cour et de la mode. Elle va s’attacher les dames et demoiselles de l’entourage militaire du roi. Pour celles-ci, ce sera l’assurance de conclure de beaux mariages. Pour la reine, c’est une façon de s’affirmer face au poids politique d’Anne de Beaujeu. Il est donc naturel qu’Anne de Bretagne ait cherché à imposer un style « bretonnant », ne serait-ce que pour affirmer le peu de marge de liberté qu’on lui laissait.

Auguste Racinet rappelle à la fin du XIXe siècle que l’on observe encore dans les campagnes bretonnes les mêmes coiffes que celles qui étaient portées à la fin du XVe siècle. Il les décrit ainsi: « Les coiffures des femmes, basses et contenant les cheveux massés sur l’occiput, nouées par un lien indépendant, ont encore aujourd’hui leurs analogues dans nos campagnes ».

On peut donc déduire en observant les coiffes décrites par Racinet et les représentations iconographiques que la coiffe d’Anne de Bretagne se compose de trois parties distinctes:

  • le « béguin », petit bonnet de toile fine de lin qui enserre les cheveux, dont le bord de devant s’orne souvent d’une petite bande plissée de toile très fine de lin. Il s’attache éventuellement sous le menton par un cordon très fin. On n’observe pas de nœud apparent, il est plausible que ce cordon, cousu d’un coté, se fixe de l’autre côté par une épingle pour être parfaitement ajusté ou que le noeud, également de côté, soit glissé sous le béguin.
  • le « ruban », second bonnet en tissu précieux de couleur rouge, qui est destiné à plaquer le plus possible les cheveux sur le front et à fixer le béguin. Il est attaché par derrière par deux ou quatre cordons, sous la masse des cheveux roulés. Il peut parfois être réduit à un simple ruban de tissu, assez large cependant (5cm environ) pour remplir son office.
  • le « chaperon » en velours noir se fixe par des épingles sur les deux précédents. Il se compose de la « visagière », partie prise en double qui encadre le visage, et le « camail », partie en simple épaisseur, en forme de demi-cercle, foncé sur le dessus et formant deux plis sur les côtés en fonction de la masse des cheveux. La partie au contact de la visagière peut être cousue ou laissée ouverte (voir ci-dessus le portrait de Marie-Madeleine par Cornelisz van Oostsanen (1519), mais cela peut être aussi la conséquence d’un archaïsme voulu)

D. Reconstitution…

Le béguin est constitué d’un demi disque de lin de 50 cm de diamètre environ. La partie droite est repliée sur 1cm puis 5 cm pour former la visagière et la partie arrondie est ourlée pour former une coulisse dans laquelle on passe un cordon. En resserrant le cordon, on enferme les cheveux dans la coiffe.

Le ruban est formé d’une bande de tissu d’environ 10-12cm sur 45-50cm de longueur (selon la morphologie). La bande est pliée dans la longueur et cousue (prévoir 1cm de marge de couture). Deux cordons ou rubans sont glissés dans les coutures des petits côtés. Elle est ensuite retournée et soigneusement repassée. Elle se bloque sur une natte de cheveux formant diadème afin d’éviter le basculement de la coiffe vers l’arrière…

Le chaperon est également construit comme le béguin mais un peu plus grand, selon l’époque (fin XVe ou premier quart XVIe) il sera plus long ou plus court: un rectangle arrondi sur un petit côté de 50-60cm sur 60-70cm de long environ. La visagière est cousue de la même façon que sur le béguin mais la partie arrondie est simplement ourlée, sans prévoir de coulisse. Le chaperon sera épinglé sur le ruban par des épingles fines ou ornées de perles ou de bijoux.

Le chaperon, simplement posé sur le béguin et le ruban avant essayage… Il ne m reste plus qu’à trouver une volontaire…

Vers 1530, le chaperon se transformera : la partie flottante sera ajustée sur la nuque et une « cornette » (longue bande de velours) cousue en haut de la coiffe sera à la mode avant de disparaître à son tour vers 1540-50…

Attention! Chaque personne ayant une morphologie différente et surtout une épaisseur de cheveux très variable, il faut prendre les mesures exactes sur la personne en suivant les consignes du patron.

Anne de Beaujeu dans le contexte européen de la fin du XVe et du début du XVIe siècle

Pour comprendre le rôle central d’Anne de Beaujeu dans le contexte de l’époque, il faut la resituer sur l’échiquier politique européen:

Anne de Beaujeu est :
– fille du roi de France, Louis XI.
– soeur du roi de France, Charles VIII.
– belle-soeur du roi de France, Louis XII.
– cousine de Louise de Savoie, mère du roi de France François Ier.
– cousine de Philibert II de Savoie, époux de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas et tante de l’empereur Charles Quint, lui-même cousin du roi de France François Ier.

L’imbrication des familles royales ou princières européennes est telle qu’il serait facile de trouver encore d’autres liens…

Alimentations…

A l’époque de la mondialisation des comportements alimentaires, l’historien est plus que jamais sollicité dans son rôle de conservateur, voire de « ressusciteur » des gestes, des techniques et des goûts d’autrefois.

Il est impossible de décrire une unique alimentation médiévale ou moderne : non seulement, elle change avec le temps, mais elle change aussi avec la géographie, car comme aujourd’hui les pratiques alimentaires ne sont pas les mêmes au sud et au nord de l’Europe, en ville et à la campagne, dans l’intérieur des terres et dans les régions côtières. La découverte du Nouveau Monde introduira progressivement les produits alimentaires venus d’outre-Atlantique au cours de la Renaissance et jusqu’au XIXe siècle.

Riches et pauvres, puissants et faibles, seigneurs et paysans, voyageurs et sédentaires, bien portants et malades, religieux et laïcs ne mangent pas les mêmes choses et ne parlent pas de nourriture ou de boisson de la même façon. Le XIVe siècle voit l’apparition des livres de cuisine, la multiplication des sources quantitatives, le développement de sources normatives (traités de savoir-vivre, ouvrages de diététique…), les descriptions de banquets… Après les guerres d’Italie (sous les règnes de Charles VIII, Louis XII, François Ier), c’est le raffinement italien qui deviendra la norme pour l’élite.

A. Quels aliments et boissons sont-ils consommés à la fin du XVe et au début du XVIe siècle ?

1. Que mange-t-on ?

Pour la plus grande partie de la population, l’alimentation représente la première des préoccupations et l’essentiel du budget en raison d’un système productif peu efficace et de faibles rendements ainsi que la nécessité de « tenir son rang » : un noble doit offrir des festins à ses hôtes de marque…

On fait généralement deux repas par jour. Le pain représente généralement 80% de la ration calorique quel que soit le niveau social (pain blanc de froment pour l’élite, pain de seigle et surtout de méteil (seigle + blé) pour le reste de la population), il est accompagné de viande, de poisson ou de légumineuses.

La viande, surtout issue de l’élevage, symbolise toujours la richesse et la puissance. Tout le monde en mange, y compris les clercs et les moines, à l’exception des Cisterciens. Les quantités varient selon les régions et les catégories sociales. Plus on s’élève dans la hiérarchie sociale, plus la viande abonde (130g/j/personne dans un studium, 1kg/j/pers chez le Comte d’Auvergne, 3 kg/j/pers à la table de la reine d’Aragon). Les hommes en consomment davantage que les femmes. L’appartenance à une collectivité (hôpital, école..) et le fait de vivre en ville favorise la consommation de viande car elle représente un apport calorique important sous un faible volume.

La viande fraîche est surtout consommée en ville tandis que la viande séchée ou salée est privilégiée à la campagne. La volaille et le gibier ont une valeur symbolique importante alors que le bœuf est moins prestigieux en raison de sa provenance d’animaux âgés ou malades. Le mouton est surtout prisé dans le Sud de l’Europe et en Angleterre tandis que le porc est consommé partout en Europe. Ces deux dernières viandes sont utilisées dans toutes les couches de la société.

Le fromage sert de marqueur social : les élites en consomment deux jours sur trois, les autres moins de deux fois par semaine. Les œufs, légumes et fruits sont fournis par la basse-cour, le potager et le verger que chacun possède selon son rang.

2. Que boit-on ?

La vigne est cultivée dans la quasi-totalité de l’Europe, même en Angleterre (en 1536-38, la confiscation des biens ecclésiastiques comprendra de nombreuses pièces de vignes). L’eau est peu appréciée, en raison de son goût, bien que l’on boive de préférence de l’eau de source et non pas celle provenant de puits, destinée à un usage domestique. On boit donc de grande quantité d’eau plus ou moins coupée de vin selon l’âge, le sexe, les saisons… Un étudiant du Studium de Trets (Provence) reçoit une ration de 62cl de vin par jour, tandis que l’archevêque d’Arles prévoit une consommation de 2 litres par jour et par convive… Les petits vins blancs du Bassin Parisien et les vins rouges léger d’Auvergne et de Saint-Pourçain sont progressivement remplacés au tournant du XVIe siècle par les vins de Bourgogne, plus puissants.

Le cidre et la bière, brassée à partir de céréales non panifiables comme l’orge, sont considérés comme un pis-aller réservé aux plus pauvres, aux temps de pénitence, aux jours de jeûne ou aux périodes de disette… Le vin reste toujours la boisson des élites.

3. Les jours de jeûne

Il existe plus de cent jours de jeûne (ou « jours maigres ») par an. Certains sont facultatifs : le mercredi, le samedi, l’Avent. Mais les clercs étaient obligatoirement soumis à plus de 150 jours de jeûne par an… Certaines personnes peuvent en être dispensées : enfants, malades, femmes enceintes, voyageurs…

On mange autant de pain qu’en temps ordinaire. La viande est écartée : elle est considérée comme « échauffant le sang », incitant à la violence et stimulant l’appétit sexuel, selon les préceptes de l’époque hérités d’Hippocrate. Sont donc interdites : les viandes fraîches ou salées, les bouillons ou graisses animales. En Carême, s’ajoutent aux interdits les œufs et les produits laitiers. Des produits de substitution sont alors employés : huile d’olives ou de noix, lait d’amandes, graisse de baleine qui est considérée comme un « poisson gras »… On peut ainsi proposer de somptueux festins de Carême sans un gramme de viande…

L’approvisionnement en poisson est donc une question importante, plus facile sur les côtes, plus problématique à l’intérieur des terres. Des « chasse-marée » livrent de Dieppe à Paris le poisson de mer qui sera consommé par la classe aisée. La carpe, provenant de viviers et d’étangs possédés par les élites, devient le symbole de l’opulence et de la productivité des terres. Le poisson salé est le produit le plus courant. Le hareng, salé en deux fois, « encaqué » et supportant bien le transport est détrôné au XVIe siècle par la morue, pêchée dans l’Atlantique nord.

B. Saveurs et épices

1. Doux et acide

Barthélémy l’Anglais (XIIIe siècle) distingue neufs « saveurs » : âcre, amère, salée, grasse, douce, insipide, aigre, austère et acerbe. Les saveurs grasses et amères sont jugées grossières tandis que les saveurs acides (vinaigre, verjus) sont appréciées. La saveur douce est la plus recherchée, elle est même un « enjeu de pouvoir » au XVe siècle en parallèle avec la maîtrise de la culture de la canne à sucre au Levant espagnol ou en Sicile et bientôt en Amérique… En Angleterre, ce sont les saveurs aigres-douces qui dominent (élément acide + sucre, vin doux ou miel).

Les sauces médiévales sont légères, épaissies à la mie de pain grillée ou à la poudre d’amandes (le « roux » n’apparaît qu’à partir du XVIIe siècle). La sauce cameline est faite de mie de pain délayée dans du vinaigre avec de la cannelle, du verjus ou du vinaigre, et du gingembre. Maître Chiquart (un cuisinier du XVe siècle) y ajoute de la graine de paradis (saveur poivrée) et utilise du vin clairet ; en Angleterre, on ajoute du sucre et des raisins secs ; en Italie où l’on préfère les saveurs aigres-douces, les épices additionnées de sucre sont délayées dans du bouillon, du jus de grenade et du vinaigre.

2. Quelles épices ?

La place des épices dans la cuisine et dans les échanges commerciaux est importante. Ce sont des condiments appréciés parallèlement aux herbes et aromates locaux comme la moutarde, la sauge ou l’ail…

La cannelle, le safran, la girofle, le gingembre, le galanga, la muscade, les graines de paradis et le poivre sont les principales épices utilisées avec une préférence nettement marquée pour le gingembre que l’on retrouve dans toutes les recettes en France au XVe siècle.

Contrairement à un stéréotype encore trop répandu, les épices ne servaient pas à « masquer » le goût des viandes avariées… mais plutôt à exhausser celui des produits frais ! Tout comme l’hypocras n’est pas un vin apéritif comme on a souvent tendance à le consommer aujourd’hui mais un vin de dessert, herbé, parfumé aux épices, servi en fin de repas avec de fines gaufres ou des dragées, caractéristiques de la plus haute élite. La recette du Mesnagier de Paris (début XVe) comprend huit épices différentes et du sucre.

Leur prix élevé s’explique par le contrôle des commerçants italiens sur le commerce avec l’Orient… Un Orient lointain et fantasmé… et ce qui est rare est cher ! Avec les Grandes Découvertes, le prix des épices va baisser et celles-ci vont progressivement perdre leur rôle de marqueur social de l’élite.

C. Fêtes et banquets

1. La table de fête

Les gens des campagnes ont l’habitude de manger accroupis plus qu’assis autour du foyer. Dans les milieux plus élevés, on mange assis à une table constituée de planches posées sur des tréteaux. On les dispose près de la cheminée pour que les personnes à honorer aient le dos au feu.

Le mobilier témoigne des hiérarchies sociales : chaises à dossier pour une personne de rang élevé, simple banc pour une autre de rang inférieur. Des sièges de plus en plus bas et inconfortables, voire un peu de paille, marquent les hiérarchies décroissantes au sein d’une maisonnée.

Les murs de la salle sont tapissés de tentures, aux couleurs de l’hôte ou de ses invités. Un dais marque éventuellement les places d’honneur.

Des « jonchées » (foin et fleurs) sur le sol protègent le dallage ou le plancher. Un « buffet » ou dressoir montre la vaisselle précieuse. Sur la table sont présentées des saucières et salières, des nefs en or ou en argent ornées de pierreries. On y conserve ses couverts et des serviettes humides, on y dépose éventuellement des morceaux destinés aux aumônes.

Des nappes blanches cachent les planches de la table et servent à s’essuyer les mains. Plats et coupes à boire sont apportés aux convives au cours du repas. La nourriture est déposée dans une écuelle, si elle est liquide (sauce). Les convives se servent avec les doigts dans le plat déposé devant eux et placent la « viande » sur de larges tranches de pain bis appelés « tranchoirs », posés parfois sur des « tailloirs » de bois, d’étain ou de métal précieux. Les tranchoirs sont destinés aux chiens de l’élite.

Plats et condiments sont à portée de main. Le pain blanc, toujours présent, est mangé sous forme de « soupe », trempé dans la sauce ou le bouillon du potage.

Le couteau et la cuillère existent mais on mange surtout avec les doigts. La fourchette a du mal à s’imposer, peut-être d’origine byzantine, elle apparaît en Italie au XIVe siècle : à deux dents, elle sert à manger les fruits ou les pâtes. Elle s’impose en France au cours des XVIe et XVIIe siècle.

La boisson est servie dans des gobelets en terre, en métal ou en verre.

2. Le déroulement du repas

Avant le repas, les serviteurs circulent munis d’aiguières et de bassins précieux afin que les convives se lavent les mains, non par souci d’hygiène comme on le ferait aujourd’hui, mais comme un rite de purification qui symbolise la paix et la pureté du repas. Ce « lavage des mains » s’effectue comme le reste du service du haut bout de la table jusqu’au bas bout.

Le repas s’organise autour du « rôt » en plusieurs services:

  • Avant le « rôt » : potage et salaisons
  • Le « rôt » : viande, volaille ou poisson, accompagné  de salades et de potages « liants »
  • Après le « rôt » : venaison, poisson, « fritures et dorures »
  • L’issue : hypocras et « métier » (fines gaufres)
  • Boutehors : vin et « épices de chambre » : gingembre confit, etc.

Les restes du repas sont remis aux domestiques et aux pauvres et témoignent de la générosité du donateur.

3.  Le spectacle

Le repas est aussi un spectacle où l’on se montre. C’est un lieu de fête et de concorde. Celui qui offre un banquet en retire prestige et avantage. Il doit donc offrir trop à manger et à boire pour montrer sa richesse et sa puissance. Mais il doit également offrir des divertissements dont on parlera longtemps…

Certains plats sont de véritables œuvres d’art : animaux reconstitués, animaux vivants placés au cœur d’un pâté, paon ou cygne rôtis, reconstitués et décorés de leur plumage, etc.

Dans l’élite, le banquet s’accompagne de musiciens, de jongleurs et autres acteurs qui proposent des intermèdes entre les différents services. Musique profane et religieuse, saynètes, mimes, danses, machines animées, un lion ou un grand félin vivant, censé garder la dame des lieux, une statue de femme, dont le sein sert de fontaine à hypocras, etc… sont présentés pour le divertissement des convives.

Selon le lieu et le rang de l’hôte, un théâtre peut être aménagé sur le quatrième côté de la salle et offrir d’autres divertissements aux invités…

Après le festin, les tables sont enlevées, les musiciens s’installent dans la salle et un dernier divertissement peut avoir lieu pour remercier l’hôte de sa générosité. Place était ensuite laissée à la danse…

Bibliographie:
Alban GAUTIER, Alimentations médiévales Ellipse, 2009
Madeleine FERRIERE, Histoire des peurs alimentaires, Le Seuil, 2002
Jean FAVIER, De l’or et des épices, Fayard, 1987
Bruno LAURIOUX, Manger au Moyen Age, Hachette, 2002
Jean-François KOSTA-THEFAINE (éd.), Gastronomie du Moyen Age et de la Renaissance, Ed. Paléo, 2011.
Marie-Thérèse CARON, « 17 février 1454: le Banquet du Voeu du Faisan, fête de cour et stratégie de pouvoir« , in Revue du Nord, t. 78, avril-juin 1996.

Soin du corps et cosmétiques à la Renaissance…

Contrairement à des poncifs encore trop répandus, on se lavait au Moyen-Age et à la Renaissance. Les étuves publiques, largement décriées en raison des risques de contamination, coexistent néanmoins avec des bains privés, présents dans les demeures de l’élite. Mais le soin du corps ne s’arrête pas seulement à des préoccupations d’hygiène. Soins divers, crèmes et onguents, parfums font partie du rituel beauté des hommes et des femmes de cette époque.

A. Le bain

Le bain noble est un soin de beauté que l’on prend dans une large baignoire doublée de linges et protégée du froid par un pavillon de textile.

1541-1542 Le bain de Psyché (vitrail, Musée Condé OA1288)

Après l’immersion dans un bain chaud aromatisé d’herbes variées que l’on place dans un sachet de toile fine, une sieste s’impose entre les draps de lin d’un lit de repos situé dans une chambre voisine de la salle des bains.

Vénus endormie (Strasbourg MNR 496)

Ce cérémonial du bain, indépendant de celui de la toilette, n’est pas aussi intime qu’on pourrait l’imaginer : on se baigne à deux, parfois à trois et dans les maisons nobles, le bain est l’un des délassements offerts au voyageur fourbu ou à l’hôte de passage… un peu comme le jacuzzi aujourd’hui!

Mais les hygiénistes mettront rapidement le holà à ces pratiques favorisant la perméabilité de la peau à la contamination microbienne et au XVIIe siècle, le bain ne sera plus qu’une exception largement encadré par la pratique médicale.

B. Secrets de beauté

Qui parle de beauté ne peut s’abstenir d’évoquer les crèmes et les fards, censés conserver la jeunesse… ou en donner l’illusion!

La cosmétologie est issue de la botanique et s’appuie sur les commentaires des oeuvres de Dioscoride, Ovide, Pline ou Galien… Ces ouvrages sont surtout destinés aux médecins et apothicaires et proposent la composition des produits.

XVe siècle, « Yci commence Ovide de l’art d’amours » (BNF)
1554 Les six principaux livres de Galien (BNF)

Venise, « porte de l’Orient », est un carrefour économique où l’on trouve toute sorte de produits pour la cosmétique: cinabre, céruse, gomme de lentisque, musc de l’Himalaya, santal des Indes, camphre de Chine, myrrhe d’Afrique ou d’Arabie, safran d’Orient…

Pierre de cinabre brute…
Céruse ou carbonate de plomb…
Gomme de lentisque (arbre à mastic)…
Cerf porte-musc (le musc est extrait d’une glande de l’animal)
Bois de santal…
Camphrier…
Gomme-résine de myrrhe….
Safran…

De petits ouvrages de « secrets » sont imprimés au format de poche à destination des femmes de marchands, citadines, utilisatrices de ces recettes et aptes à les vendre « aux grands seigneurs et dames ». Pas d’illustration mais des descriptions précises des « oiselets de Chypre » en pâte parfumée séchée ou des « pochettes de senteurs ». Ils proposent aussi de remplacer des ingrédients coûteux ou difficiles à trouver par des produits locaux.Ils détaillent les gestes et pratiques corporelles à la Renaissance.

Mais cette littérature n’est pas sans danger, notamment en raison des ingrédients toxiques utilisés dans les fards: mercure, plomb, étain, arsenic, borax, alun.

C. Le cérémonial de la toilette

Les soins de la peau et des cheveux ont lieu lors de la toilette. La toilette est différente des ablutions, elle est un moment important dans la vie de cour des hommes et des femmes de la Renaissance.

La toilette a lieu dans la chambre, lieu de réception, non d’intimité (c’est le rôle des « cabinets » ou petites pièces).

De nombreuses servantes s’activent pour ce « ballet d’étoffes et d’épingles ». La toilette devient représentation.

XVIe siècle, Femme peignant une autre femme (Louvre INV10803)

Les tables de toilette sont devenues fixes avant les tables pour les repas.

1560 Dame à sa toilette (MBA Dijon, inv CA118)

Le miroir se pose sur la table en oblique sur son support. Les miroirs à main servent à contrôler la coiffure.

1480-1520 Miroir (Louvre RFML-OA-2018-17-1)
1540-1583 Miroir à main (Louvre L49LR292)

Les pommades et onguents pour les soins de la peau sont conditionnés dans des boîtes, pots ou vases précieux, de petite taille, différents de ceux qui sont souvent représentés avec Marie-Madeleine.

169e Flacon à goulot en argent (Venise, Ecouen ECL7625)
1581-1582 Flacon en argent doré (11x19cm, Louvre MR561)
16e Mini flacon ambre et bouton de tige verre vleu et blanc (Louvre Cp8768, Cp9153)

La coiffure et la toilette nécessitent des peignes, épingles, brosses, pinces, limes, cure-dents, cure-oreilles, ciseaux… Des bijoux en forme de tête de martres sont censés éloigner les puces. On montre ces objets, comme des bijoux, dans des coffrets précieux…

1500-1533 Peigne en ivoire (Louvre OA144)
1500 Peigne en buis (Musée Cluny CL21279)
XVIe siècle, Coffret en bronze doré (9,5×7,5x11cm)

La toilette s’achève quand la dame habillée, fardée et coiffée tend les mains au dessus d’un bassin pour les rincer d’une eau parfumée comme pour les repas.

D. Bijoux de senteur

La beauté ne saurait briller davantage qu’agrémentée de bijoux d’orfèvrerie délicate et d’une aura parfumée que l’on laisse dans son sillage. Les techniques de fabrication des parfums et les usages restent les mêmes qu’au Moyen-Age.

L’Eau de la Reine de Hongrie, à base de romarin, d’eau de rose et de fleurs d’oranger, élaborée en 1370 par macération alcoolique reste un grand succès (voir recette en annexe). Mais la plupart des eaux florales sont obtenues par décoction ou séchage pendant de longues heures à la chaleur du soleil. Elles sont instables même conditionnées dans des flacons hermétiques de verre bleu ou de métal.

Flacon de parfum en verre de Venise aux armes des Médicis (Limoges ADLV4)
XVIe siècle Flacon de parfum en forme de dauphin en verre de Venise (Ecouen, ECL2730)

La gammes des huiles essentielles se développe pendant cette période grâce aux progrès de la distillation. En 1500, est publié à Strasbourg le Liber de arte distillandi de simplicibus, du médecin Jérôme Braunschweig, qui est le premier traité imprimé de distillerie appliquée aux parfums.

1500 Liber de arte distillandi

L’utilisation d’une plus grande variété de matières animales et végétales d’importation lointaine est le propre de la Renaissance: musc, ambre gris, civette, aloès, jasmin, myrrhe, muscade, opopanax, camphre, santal voisinent avec des composants traditionnels: rose de Provins, romarin, menthe, benjoin, lavande, iris de Florence…

Ces parfums, très forts pour notre odorat moderne, ne sont pas posés sur la peau mais introduits dans des « bijoux de senteur » qui s’accrochent aux vêtements sous forme de chaînes portant des « pomanders« , maillons creux dans lesquels on place une préparation parfumée, ou de minuscules flacons en or serti de pierres précieuses ou semi-précieuses pour les huiles essentielles.

1518 Portrait de Jan Gerritz van Egmont, par Jacob Cornlisz van Oostesanen (Louvre) détail d’une pomme de senteur.

La bourgeoisie urbaine s’entiche des ceintures où se fixent toute sorte d’accessoires utiles et parfumés (étuis, bourses, boîtes à portraits, pendentifs, pommes de senteur et grains de patenôtre

Les parfums en poudre servent pour les gants et les éventails. Cet usage perdurera jusqu’au XIXe siècle. C’est ainsi que naît la profession de gantier-parfumeur à partir du XVIe siècle, en particulier à Grasse déjà réputée pour la parfumerie.

Les parfums solides sont composés de poudres parfumées mélangées à des gommes ou des cires et placées dans des « pommes de senteur » aussi bien destinées aux hommes qu’aux femmes. Elles ont des propriétés parfumantes mais aussi prophylaxiques pour certaines maladies à une époque où les miasmes sont les vecteurs privilégiés des maladies.

Ainsi, les rituels de beauté des femmes et des hommes de la Renaissance ne sont guère différents de nos pratiques modernes. La jeunesse de la peau, la « bonne odeur » et un teint éclatant restent des critères toujours d’actualité.

Annexe 1: Recette de l’Eau de la Reine de Hongrie (parfum)

Mélanger d’abord:
* 30 ml d’alcool non dénaturé à 60°, que vous trouverez en pharmacie
* 30 ml d’eau de fleurs d’oranger

Ajoutez :
* 2 cuillères à soupe de romarin séché
* 1 à 2 c. à s. de feuilles de menthe séchée
* 3 à 4 c. à s. de pétales de rose frais (ou 2 à 3 c.à s. séchés)
* L’écorce râpée d’un citron

Placez le tout dans un gros bocal, laissez macérer une quinzaine de jours, puis filtrez. Laissez reposer encore 10 jours avant de mettre en petits flacons.

Annexe 2: Cérat de Galien (crème de soin)

13g de cire d’abeille blanche
53,5g d’huile d’amandes douces
33g d’eau de rose
4g de teinture de benjoin

Faire fondre la cire d’abeille et l’huile d’amandes douces sans dépasser 50°C dans un bol au bain-marie.
Faire tiédir dans un autre bol au bain-marie l’eau de rose
Ajouter la teinture de benjoin dans le 1er bol.
Mélanger l’eau de rose au 1er bol et remuer énergiquement jusqu’à obtenir une crème blanche ou jaune pâle souple, lisse et très parfumée.
Verser dans un pot ou un flacon.

NB: bien laver et sécher le matériel avant usage. Cette recette ne contenant pas de borax (conservateur) comme dans la recette de Galien à cause de son pouvoir sensibilisant doit être conservée au réfrigérateur deux mois maximum.

« Princes et Princesses »…. Tenues pour l’élite vers 1520 (2/2)

Tenue d’une dame…

1. Chemise et chausses

Les dames enfilent une paire de chausses (l’équivalent de nos bas ) aux jambes. Elles « passoient lesdictes chausses le genoul au dessus par troys doigtz justement, et ceste liziere estoit de quelques belles broderies et descoupueures. Les jartieres (…) comprenoient le genoul au dessus et dessoubz » (Rabelais, Gargantua, 1534).

vers 1500, chausses (MET, New-York)

Simples rubans ou brodées, des jarretières faisaient tenir les chausses aux genoux autour desquels elles étaient enlacées, le lien passant dessous et dessus la rotule pour plus de tenue. Les chausses étaient taillées en biais dans de la toile de laine ou du drap de lin, selon la saison, voire tricotées à la main. Elles tenaient plus des grandes chaussettes que des bas du XXIe siècle. Elles portaient le même type de souliers que les hommes.

Les chausses et la chemise étaient les seuls sous-vêtements. La finesse et la blancheur de la chemise de lin étaient signes de distinction sociale. Son encolure était carrée ou légèrement trapézoïdale. Elle se laissait apercevoir à la lisière du décolleté des cottes et robes, selon l’effet recherché. Des effets ornementaux (plis, fins traits de broderie or, après 1510, ou noire, après 1530) pouvaient apparaître en bordure de col ou de manches.

Détail chemise plissée et brodée, Le Christ portant la Croix, Derick Baegert, 1477-1478.
1500 Jeanne la Folle (mère de Charles Quint), par Jean de Flandres, hsb, Vienne.
Détail de la broderie du poignet de la chemise, Portrait de Jane Seymour, par Hans Holbein le jeune.
1520 Bartolomeo Veneto Portrait of a Lady as Mary Magdalen

Les dames ne portent pas de corset ni de soutien-gorge. Pas de culotte sous la chemise jusqu’au XIXe siècle.

2. La cotte

Par dessus la chemise, les dames enfilaient un jupon et/ou une première robe, la cotte qui se laçait devant, derrière ou sur le côté du buste, système très pratique qui permettait de s’adapter aux variations de volume du corps, notamment lors des grossesses.

1500-1525 Mort de Lucrèce, Ambrosius Benson. On remarquera la finesse de la chemise, la cotte rouge lacée devant et les mancherons précieux sur les avant-bras. La coiffure, faite de deux bandeaux et de nattes roulées est caractéristique de l’époque.

La mode étant à un buste bien ajusté par le vêtement, le corps (bustier) de cotte pouvait être étayé par des baleines végétales ou animales afin de lisser les chairs et de soutenir les seins.

La cotte était confectionnée en tissu précieux car on pouvait l’apercevoir à la lisière du décolleté de la robe ainsi qu’à l’ouverture de celle-ci, à l’avant de la jupe, ou encore lorsque la dame relevait sa longue robe pour marcher plus aisément.

Si le décolleté de la cotte, comme celui de la robe de dessus, découvrait assez largement le haut de la poitrine, il n’avait pas pour but de dévoiler trop de chair. Au début du règne de François Ier, le décolleté des robes à la française était beaucoup moins plongeant que celui des italiennes qui, à vrai dire, servait à mieux mettre en valeur les magnifiques chemises brodées couvrant leurs gorges . Dans le décolleté à la française, le creux des seins reste couvert par la ligne souvent légèrement incurvée du décolleté de la cotte ou de la robe, ou encore de la chemise.

Le décolleté était agrémenté d’un pendentif ou d’une médaille pieuse, parfois glissée au creux des seins, et, pour les plus fortunées, d’un magnifique carcan, large collier d’or.

La chemise ou une guimpe voilait une partie du décolleté. Il est vrai que ce dernier pouvait être transparent… car le système vestimentaire de la Renaissance jouait beaucoup sur l’apparition des dessous à la lisière, ou au travers, du vêtement de dessus.

3. La robe à la française

L’une des principales caractéristiques de l’habit à la française, en ce premier tiers du XVIe siècle, est le port d’une robe à queue et à grandes manches. La robe à queue se distinguait de la robe « ronde », sans traîne donc, de la mode italienne. Le vertugadin à cerceaux, qui existait déjà alors en Espagne, n’était pas à la mode à la cour avant les années 1530.

En revanche la robe restait très volumineuse sur l’arrière (sa circonférence pouvait aller jusqu’à 5 m, d’après des reconstitutions) et assez pesante selon les matériaux employés (la robe était fourrée l’hiver). Cette structure conférait une démarche majestueuse. Néanmoins, pour faciliter la déambulation, ou pour dévoiler la doublure de la robe ou la cotte, on pouvait relever la queue et l’accrocher à un crochet « troussoir », exceptionnellement visible sur les illustrations, mais mentionné dans les inventaires après décès.

Robe de Marguerite d’Autriche (reconstitution), vers 1520, Monastère Royal de Brou.
Robe de Marguerite d’Autriche (reconstitution), vers 1520, Monastère Royal de Brou.
Robe de Marguerite d’Autriche (reconstitution), vers 1520, Monastère Royal de Brou.
Robe de Marguerite d’Autriche (reconstitution), vers 1520, Monastère Royal de Brou.

La jupe pouvait s’ouvrir à l’avant sur celle de la cotte, afin d’en montrer la couleur ou/et l’ornementation. Une longue ceinture de soie ou d’orfèvrerie pendait à l’avant. Une pomme d’ambre, boule ronde contenant des parfums secs, pouvait en garnir l’extrémité.

1508 Anne de Bretagne par Jean Perreal: la robe de dessus est ouverte sur une cotte en brocard d’or…

Les larges manches en entonnoir de la robe étaient relevées sur l’avant-bras, voire jusqu’aux épaules afin de rendre visible la somptuosité de leur revers (fourrures en hiver) et de dévoiler les mancherons, sous-manches amovibles, attachées par des liens à la cotte ou aux grandes manches. De longues taillades pouvaient laisser passer le tissu de la chemise à travers le mancheron. La couleur du mancheron tranchait avec celle de la robe et ce dernier pouvait être ornementé de diverses manières.

4. Le couvre-chef à la française

Enfin, un dernier élément définissait le style « à la française » : un couvre-chef « à templettes et à queue pendante ». En 1518-1520, les côtés latéraux de la têtière (partie qui entoure le visage) descendaient en arceau jusqu’au dessous des oreilles, à hauteur du menton. La têtière de ce chaperon était en réalité une superposition de petits bonnets de linge, blancs et rouges le plus souvent, dont un finement plissé. L’un d’eux était vraisemblablement structuré par une armature en arcade. Ce couvre-chef était ornementé de galons, passements ou petits bijoux dorés.

1519 Cornelisz van Oostsanen, Jacob, Mary magdalena (hsb, 49 x40cm, art museum, Saint-Louis) détail

Une longue queue de soie noire, ou cornette, tombant jusqu’aux omoplates était ajoutée à cette structure. Cette superposition tenait certainement, comme d’autres parties du vêtement (bustier, revers de manches) grâce à des épingles, non visibles sur les portraits, mais abondantes dans les comptabilités royales, par exemple. On peut penser qu’un lien passant sous le menton, exceptionnellement représenté lui aussi dans l’iconographie, pouvait aider à tenir la coiffe.

Merci à Isabelle Paresys, université de Lille 3, et à Pierre-Gilles Girault, conservateur en chef du Monastère royal de Brou, pour ces précisions.

Jeux d’enfants au début de la Renaissance…

C’est par le jeu que l’enfant découvre son environnement, les règles du groupe social dans lequel il vit et exerce son habileté. Les enfants du début de la Renaissance (première moitié du XVIe siècle) jouent à des jeux traditionnels. Comme le veut l’usage de l’époque, ils sont vêtus comme de petits adultes. En voici quelques exemples au travers d’enluminures issues du Golf Book, conservé à la British Library…

1540 Jeux de billes et échasses (Golf Book, BL Add ms 24098 f26v)
1540 Chasse aux petits oiseaux (Golf Book, BL Add ms 24098 f26)
1540 Jeu de bâtons (Golf Book, BL Add ms 24098 f25v)
1540 Chasse aux papillons (Golf Book, BL Add ms 24098 f24v)
1540 Tournoi d’enfants (Golf Book, BL Add ms 24098 f23v)
1540 Tir à l’arc (Golf Book, BL Add ms 24098 f22v)
1540 Jeu de balle (Golf Book, BL Add ms 24098 f21v)
1540 Jeu de cerceau (Golf Book, BL Add ms 24098 f19v)
1540 Jeu de traineau (Golf Book, BL Add ms 24098 f18v)
1540 Jeu de traineau (Golf Book, BL Add ms 24098 f28v)
1540 Jeu de boules (Golf Book, BL Add ms 24098 f28v)
1540 Jeu de palet (Golf Book, BL Add ms 24098 f27)